jeudi 24 avril 2008

Le projet réalisé par l’Océanium: un exemple pour l'Afrique

SECRETARIAT DU FONDS FRANÇAIS POUR L’ENVIRONNEMENT MONDIAL
J U L I E N C A L A S
C OM M U N I Q U E
SENEGAL
(Du 13 au 19 Décembre 2007)

Evaluation du projet « Préservation des ressources halieutiques par les communautés de pêcheurs »
1. La mise en place d’une aire marine protégée communautaire exemplaire (AMPc). Le projet réalisé par l’Océanium a permit l’établissement de la toute
Première aire marine protégée fonctionnelle du Sénégal.


Bien que 5 aires protégées aient été officiellement reconnues par le décret présidentiel de juillet 2004 l’aire protégée de Keur Bamboung dans le Delta du Sine Saloum1 (lui-même classé par ailleurs Réserve de biosphère) est la seule disposant d’un dispositif de surveillance fonctionnel et d’un système de Financement pérenne au travers de revenus générés par un campement éco-touristique. Cette aire marine Protégée est un exemple unique pour le pays mais sert également de cas d’école pour toute la sous
Région puisqu’elle accueille déjà des visites d’échanges en provenance de la Guinée Conakry, de la Guinée Bissau ou d’autres régions du Sénégal.
2. Un suivi scientifique du milieu aquatique et des ressources halieutiques qui démontre des résultats indiscutables en termes d’amélioration de L’écosystème marin. Grâce à une collaboration avec le CRODT et l’IRD, qui donne lieu à publication de travaux scientifiques (cf. annexe 2), un état de référence avait permis
De dénombrer en 2003 51 espèces de poissons différentes sur l’espace destiné à être protégé. Ce suivi a été maintenu chaque année et trois ans après l’établissement de l’aire protégée, les échantillonnages réalisés en 2006 ont permis
De démontrer le retour de 23 nouvelles espèces.



3. Une contribution probable du site à l’amélioration des prises et des revenus des pêcheurs. Bien que certains experts se passionnent à questionner la réalité ou l’ampleur de l’effet de source ou de débordement (c’est-à-dire la contribution de l’aire protégée à l’amélioration quantitative ou qualitative des stocks halieutiques exploités par les pêcheurs à l’extérieur ou en bordure de l’AMP) un faisceau concordant d’indices abonde dans le sens d’un effet positif. Le premier indice provient des déclarations des pêcheurs qui continuent à exploiter les milieux riverains de l’AMPc et qui déclarent des améliorations sensibles de la qualité de leurs prises. Une évaluation économique de l’AMPc qui doit être réalisée dans le cadre de la mission de consultation du bureau Oréade-Brêche recruté par le FFEM,
Devrait contribuer à mieux apprécier cette contribution. Par ailleurs, les données biologiques déjà collectées par le suivi scientifique établissent que plus des trois quarts des poissons présents dans l’AMP sont amphibiotiques c’est-à-dire qu’ils effectuent une partie de leur cycle en pleine mer, et donc qu’ils sortent de la zone protégée.
4. Le caractère exceptionnel du site est confirmé par de nombreux experts indépendants : Le
Professeur Paul Ndiaye de l’Université Cheikh Anta Diop (spécialiste en aires protégées) lors de l’atelier de restitution des résultats du suivi scientifique a qualifié les résultats « d’excellents » et reconnu qu’il s’agit d’un cas unique à sa connaissance. Selon Philippe TOUS, assistant technique auprès de la commission sous-régionale des pêches, il s’agit d’un cas absolument unique de site disposant d’un suivi scientifique comprenant un état de référence avant le début de l’intervention et poursuivi de manière aussi précise. Enfin, et indépendamment des résultats finaux de l’évaluation par le bureau d’étude Oréade Brêche, les résultats préliminaires communiqué par les consultants pendant la mission confirment que ce projet constitue une réussite réellement exemplaire.



5. Trois autres Aires Marines Protégées communautaires ont été organisées par le projet FFEM et sont prêtes à fonctionner : (i) l’aire protégée de Cap Manuel dans la baie séparant Dakar de l’île de Gorée, (ii) l’aire protégé de la petite côte (à proximité du pôle touristique de Nianing) (iii) l’aire protégée de la pointe St Georges en Casamance. Toutefois, en l’absence de texte de classement des sites, qui souffrent de processus de traitements administratifs extrêmement longs en raison de conflits de compétences institutionnelles entre le Ministère de l’Environnement et le Ministère de l’Economie Maritime, ces aires protégées ne sont pas encore entrées en phase de fonctionnement.
6. Le groupe des 4 aires protégées permet d’établir des modèles d’aires protégées communautaires dans des contextes environnementaux et socio-économiques diversifiés. Chaque aire marine protégée communautaire est construite sur une base d’exploitation durable d’une ou plusieurs ressource(s) renouvelable(s) permettant de financer le fonctionnement de l’aire protégée et de contribuer aux actions de développement des communautés périphériques. A Keur Bamboung, le modèle économique repose sur l’exploitation d’un campement éco-touristique communautaire dont les revenus financent la surveillance et le développement des communautés rurales.



Sur la petite côte, un modèle reposant sur une contribution volontaire des grands réceptifs hôteliers (fixée à ce stade à 100 FCFA par nuitée) doit financer les actions de gestion et de conservation des communautés. En Casamance, c’est une filière d’exploitation d’huîtres fraîches à destination des grands réceptifs hôteliers (de Cap Skirring notamment) qui financerait les activités de conservation et de développement avec peut-être également un campement éco-touristique.

3 commentaires:

Anonyme a dit…

Votre travail est admirable
R. Safieddine
Freetown, Sierra Leone
mrsafieddine@hotmail.com

Ibrahima a dit…

Vous êtes entrain de faire un excellent boulot. J'ai vu aussi les activités d'oceanium, c'est fabuleux et séduisant!
Ibrahima DIOUF

dieye a dit…

votre ctructure et vous vous faites unexcellent travail mais j'aurais aimé que vous impliquer beaucoup plus les etudiants surtout des instituts de peche